Chacun sait qu'un manga qui se respecte se lit "à l'envers", à la japonaise ... on commence par la fin (pas de l'histoire, du bouquin) et on revient vers le début. Par contre certains éditeurs ne voulant pas trop perturber leurs lecteurs, font une adaptation "à l'occidentale".
La solution la plus simple est de procéder à un "effet miroir" horizontal des pages du bouquin. Facile. Oui mais, la gauche devient la droite et réciproquement. Ainsi un droitier devient gaucher. Si, si, faites le test ... grattez-vous le nez devant votre miroir et constatez que le gars du miroir se gratte le nez avec la main droite (si vous êtes gaucher, évidemment). On vide les phylactères pour y remettre le texte traduit et c'est OK. Sauf que, si la planche comporte du texte, faut adapter le dessin ...
Pourquoi vous dis-je tout ça ? et bien, je termine un très beau manhwa (un manga coréen),
Mijeong de Byung Byung Jun (assez noir dans le trait et le scénario mais aussi poétique, grinçant, humoristique ...) et au détour d'un dessin j'aperçois des caractères chinois inversés.
Il s'agit de 学院 (dans le coin supérieur droit) qui signifie quelque chose comme
collège et donc inversés. Et là je suis surpris car le coréen s'écrit de gauche à droite comme nous. Donc pourquoi cette inversion ? En poussant mon investigation, je constate que les assassins tiennent leur couteau de la main gauche, les écrivains ont un stylo dans la main gauche ... ah, bon ? Bizarre. Ce manhwa serait-il passé par la case manga avant d'être réadapté pour nous ?
Autant vous dire, je n'ai pas de réponse.
Chère lectrice(s), pour l'anecdote, cherchant sur le net quelques informations sur l'écriture coréenne (je m'étais mis à douter), j'ai trouvé
ce texte
Au milieu du XVe siècle, le roi Sejong a fait élaborer un nouveau système d'écriture adapté à la langue coréenne, dans un double but : faciliter l'accès aux textes classiques chinois (notamment confucéens) grâce à leur transcription dans un système d'écriture plus simple que les caractères chinois, et permettre à chacun d'apprendre à lire et à écrire, y compris aux femmes et aux filles, précisait-il.